
La souplesse de vos seins et l’agitation de votre bébé ne sont pas des signes de manque de lait, mais le symptôme d’une lactation qui s’adapte.
- Les vrais indicateurs sont objectifs : au moins 6 couches bien mouillées et 3-4 selles par 24h (premier mois).
- Une tétée « efficace » (déglutition audible, mouvements amples de la mâchoire) est plus importante que sa durée.
Recommandation : Apprenez à décoder le « tableau de bord » de votre bébé plutôt que de vous fier uniquement à la balance pour retrouver un allaitement serein et confiant.
Cette sensation de seins soudainement plus souples, presque « vides », vous la connaissez ? Accompagnée d’un bébé qui semble s’agiter, s’énerver au sein, elle suffit à déclencher la spirale de l’angoisse chez de nombreuses mamans allaitantes. La question tourne en boucle : « A-t-il assez mangé ? Mon lait est-il suffisant ? ». Cette inquiétude est légitime, nourrie par une culture où tout doit être mesuré, quantifié. La pesée devient alors le juge de paix, et chaque gramme non pris une source de stress immense.
En tant que consultante en lactation certifiée IBCLC, je vois chaque jour des mères désemparées, persuadées de « manquer de lait » à cause de ces faux-amis. Les seins souples ne signifient pas qu’ils sont vides, mais que votre corps a magistralement appris à produire le lait à la demande de votre bébé, tel une usine performante plutôt qu’un entrepôt. Un bébé qui s’agite peut avoir mille raisons : un rot coincé, le besoin d’être rassuré, ou simplement le fameux « réflexe d’éjection » qui tarde un peu.
Et si la clé n’était pas de mesurer ce qui sort, mais de comprendre comment fonctionne la production et d’apprendre à lire les vrais signaux que votre bébé vous envoie ? C’est ce que j’appelle construire la « physiologie de la confiance ». Cet article n’est pas une énième checklist anxiogène. C’est un guide pratique, ancré dans la réalité des mamans en Belgique, pour vous donner les outils concrets qui permettent de transformer l’anxiété de la quantité en une confiance sereine dans la qualité de votre lien et de votre allaitement.
Nous allons explorer ensemble les défis courants, de la douleur qui n’est jamais normale aux craintes liées à la reprise du travail, en passant par l’utilisation correcte des aides comme le coussin d’allaitement. L’objectif : vous rendre votre pouvoir de mère compétente, capable d’évaluer le bien-être de votre enfant bien au-delà des chiffres sur une balance.
Sommaire : Apprendre à décoder son bébé pour un allaitement réussi
- Pourquoi avoir mal aux mamelons n’est pas normal et comment y remédier ?
- Comment drainer un canal lactifère bouché avant l’infection ?
- Tire-lait manuel ou électrique : lequel choisir pour la reprise du travail ?
- L’erreur d’introduire le biberon trop tôt qui compromet l’allaitement
- Quand commencer le sevrage pour qu’il soit doux pour maman et bébé ?
- Quand s’inquiéter si la courbe de votre bébé stagne selon les normes ONE ?
- Pourquoi le coussin doit-il soutenir votre bras et non le bébé directement ?
- Coussin d’allaitement : microbilles ou épeautre, quel remplissage choisir pour votre dos ?
Pourquoi avoir mal aux mamelons n’est pas normal et comment y remédier ?
L’idée reçue la plus tenace est que l’allaitement « fait mal au début ». C’est une affirmation dangereuse. Une sensibilité est possible les premiers jours, mais une douleur vive, une sensation de brûlure ou des crevasses sont des signaux d’alerte. La douleur n’est pas un passage obligé, mais l’indicateur d’un problème, le plus souvent lié à la position de bébé ou à la prise du sein. Ignorer cette douleur, c’est risquer des complications qui peuvent mener à un sevrage non désiré. La première étape est donc de ne jamais banaliser ce que vous ressentez.
La cause la plus fréquente est une mauvaise prise : si bébé ne prend que le bout du mamelon au lieu d’une large partie de l’aréole, il le pince contre son palais dur, ce qui est extrêmement douloureux et inefficace pour le transfert de lait. Il faut viser une bouche « grand angle », comme s’il bâillait sur le sein, avec les lèvres retroussées. La position « ventre contre ventre », où bébé n’a pas à tourner la tête pour téter, est également fondamentale. Parfois, la cause est ailleurs : un frein de langue trop court chez bébé ou une infection comme le muguet, qui nécessite un traitement spécifique.
Le muguet, par exemple, causé par le champignon Candida albicans, se manifeste par une sensation d’aiguilles dans le sein, même après la tétée, et des mamelons rouges et luisants. Il touche environ 4% des bébés de moins de 6 semaines en Belgique et nécessite de traiter à la fois la mère et l’enfant avec un antifongique prescrit par un médecin pour briser le cycle de contamination. En cas de douleur persistante au-delà de quelques jours malgré les ajustements de position, il est impératif de consulter une spécialiste (consultante IBCLC, sage-femme) pour poser le bon diagnostic.
Plan d’action en 5 étapes pour soulager les mamelons douloureux
- Vérifiez la position de bébé : son corps doit être collé au vôtre, avec son oreille, son épaule et sa hanche alignées. Son menton doit être en contact direct avec le sein.
- Assurez-vous d’une prise de sein correcte : attendez que bébé ouvre grand la bouche comme pour bâiller avant de le mettre au sein. Il doit prendre une grande partie de l’aréole.
- Utilisez le pouvoir de votre lait : après chaque tétée, exprimez quelques gouttes de lait et étalez-les sur vos mamelons. Laissez sécher à l’air libre ; votre lait a des propriétés cicatrisantes et antibactériennes.
- Favorisez la cicatrisation humide en cas de crevasses : utilisez des compresses hydrogel ou des coquillages d’allaitement pour créer un environnement humide qui accélère la guérison sans former de croûte.
- Consultez si la douleur ne s’améliore pas : si la douleur persiste plus de 3 jours malgré ces ajustements, contactez une consultante en lactation IBCLC ou une sage-femme formée pour un diagnostic précis.
Comment drainer un canal lactifère bouché avant l’infection ?
Vous sentez une zone dure, sensible et douloureuse dans votre sein, parfois accompagnée d’une petite rougeur ? Il s’agit probablement d’un canal lactifère bouché (ou bloqué). Ce phénomène survient lorsque le lait ne s’écoule pas correctement d’une partie du sein, créant un « embouteillage ». Les causes sont variées : une tétée sautée, un soutien-gorge trop serré, la fatigue ou une mauvaise position qui ne draine pas uniformément le sein. Il est crucial d’agir vite, car un canal bouché non résolu en 24-48h peut évoluer en mastite, une inflammation douloureuse du sein qui, si elle est bactérienne, nécessite des antibiotiques.
La stratégie numéro un est simple : drainer, drainer, et encore drainer. La meilleure pompe au monde pour cela, c’est votre bébé. Proposez-lui le sein atteint le plus souvent possible, en commençant la tétée par ce côté. L’astuce est de varier les positions pour que son menton soit orienté vers la zone bouchée. Par exemple, si la zone dure est sur le côté extérieur de votre sein, la position « ballon de rugby » sera très efficace. La chaleur et le massage sont vos meilleurs alliés. Appliquez des compresses chaudes ou prenez une douche chaude juste avant la tétée pour aider le lait à s’écouler, et massez doucement la zone dure en direction du mamelon pendant que bébé tète.
L’illustration ci-dessous montre un geste simple mais efficace à réaliser sous la douche ou pendant la tétée. Il ne s’agit pas d’appuyer fort, mais d’effectuer des mouvements circulaires doux pour encourager le lait à se frayer un chemin.

Cette technique de massage, combinée à la succion de bébé et à la chaleur, est souvent suffisante pour débloquer la situation. Une autre méthode populaire est celle du verre d’eau chaude avec du sel d’Epsom : elle aide à dilater les pores du mamelon. Si malgré tout, la zone reste dure et douloureuse après 24h, ou si vous développez de la fièvre, n’attendez pas : contactez immédiatement votre médecin ou une sage-femme. En Belgique, certains kinésithérapeutes périnataux proposent aussi des séances d’ultrasons thérapeutiques très efficaces pour lever l’obstruction.
Tire-lait manuel ou électrique : lequel choisir pour la reprise du travail ?
La reprise du travail est une étape charnière de l’allaitement, souvent source de questionnements. Continuer à allaiter est tout à fait possible, et le tire-lait devient alors un partenaire essentiel. Mais face à l’offre pléthorique, le choix entre un modèle manuel et un modèle électrique (simple ou double pompage) peut sembler complexe. La décision dépendra principalement de la fréquence d’utilisation, de votre lieu de travail et de votre budget.
Le tire-lait manuel est léger, discret, silencieux et peu coûteux. Il est parfait pour un usage occasionnel, pour soulager un engorgement ou si vous ne devez tirer votre lait qu’une seule fois par jour. Cependant, il peut être fatigant pour la main si l’utilisation est intensive et le temps d’expression est plus long. Le tire-lait électrique, surtout en double pompage, est un gain de temps considérable, ce qui est précieux lors d’une journée de travail. Il stimule mieux la lactation et est idéal pour un usage quotidien et régulier. Son principal inconvénient est son coût, son poids et le bruit du moteur qui peut être un frein à la discrétion au bureau.
En Belgique, il est important de savoir que de nombreuses mutuelles (comme Solidaris ou la Mutualité Chrétienne) proposent la location de tire-laits électriques de grade hospitalier à des tarifs très avantageux, ce qui peut être une excellente option pour les premiers mois. Pour une utilisation à long terme, l’achat peut devenir plus rentable. N’oubliez pas non plus le marché de l’occasion sur des sites comme 2ememain.be, mais avec une règle d’or : achetez toujours un kit d’accessoires neufs (téterelles, valves, tuyaux) pour des raisons d’hygiène évidentes.
Le choix dépendra donc de votre situation personnelle. Pour vous aider à y voir plus clair, voici une comparaison détaillée des deux options, contextualisée pour la Belgique.
| Critère | Tire-lait manuel | Tire-lait électrique |
|---|---|---|
| Prix location (mutuelle belge) | Gratuit ou 10-15€/mois | 20-40€/mois (partiellement remboursé) |
| Prix achat neuf | 30-60€ | 150-400€ |
| Temps d’expression par sein | 20-30 minutes | 10-15 minutes |
| Transport (STIB/TEC/SNCB) | Léger (300g), discret | Plus lourd (1-2kg), nécessite un sac |
| Utilisation au bureau | Silencieux, discret | Bruit du moteur audible |
| Autonomie | Illimitée | 2-3h sur batterie, prise nécessaire |
| Efficacité pour usage quotidien | Fatiguant si >2 fois/jour | Optimal pour usage régulier |
| Double pompage | Non possible | Possible (gain de temps 50%) |
Enfin, il est crucial de connaître vos droits. Comme le rappelle l’ONEM, l’Office National de l’Emploi en Belgique :
Les pauses d’allaitement sont un droit légal en Belgique. L’employeur doit accorder à la travailleuse allaitante le temps nécessaire pour allaiter ou tirer son lait, à concurrence d’une demi-heure pour 4 heures de travail prestées.
– ONEM Belgique, Réglementation pauses allaitement
L’erreur d’introduire le biberon trop tôt qui compromet l’allaitement
Dans les premières semaines, face à l’incertitude sur la quantité de lait prise par bébé, la tentation d’introduire un biberon « pour être sûr » est grande. C’est une erreur classique qui peut, malheureusement, saboter un allaitement bien parti. Le problème n’est pas tant le contenant que la mécanique : la succion au sein et la succion au biberon sont radicalement différentes. Au sein, bébé doit faire un effort actif, ouvrir grand la bouche et utiliser sa langue pour extraire le lait. Au biberon, le lait coule souvent seul, avec un débit rapide et constant. Le bébé, malin et adepte de la loi du moindre effort, peut rapidement développer une préférence pour la facilité du biberon. C’est ce qu’on appelle la « confusion sein-tétine ».
Cette confusion peut mener à une prise de sein moins efficace, des douleurs pour la mère, et surtout, une baisse de la lactation. Votre production de lait est régulée par la loi de l’offre et de la demande : plus bébé tète efficacement, plus vous produisez. Chaque biberon qui remplace une tétée est un signal envoyé à votre corps de produire moins. Introduire un biberon avant que la lactation ne soit bien établie (généralement autour de 4 à 6 semaines) est donc un risque majeur.
Heureusement, si un complément est médicalement nécessaire (sur avis d’un pédiatre ou d’une consultante), il existe de nombreuses alternatives au biberon pour les premières semaines. Ces méthodes préservent la mécanique de succion au sein et sont activement promues par les maternités et les consultantes de l’ONE en Belgique. La seringue sans aiguille, le gobelet, la cuillère ou encore le DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation) sont des outils précieux. Le DAL, par exemple, est un petit tube fin dont une extrémité est dans le complément et l’autre est scotchée sur votre sein. Bébé tète votre sein, stimulant ainsi votre lactation, tout en recevant le complément via le tube. C’est une technique gagnant-gagnant.
L’ONE recommande un plan d’action précis pour éviter les écueils du biberon précoce. Lorsque vous l’introduirez, choisissez une tétine à débit lent et pratiquez le « Paced Bottle Feeding », une méthode où l’on donne le biberon à l’horizontale pour que bébé doive téter activement, comme au sein. N’oubliez pas de briefer la crèche sur ces pratiques.
Quand commencer le sevrage pour qu’il soit doux pour maman et bébé ?
Le sevrage est une étape naturelle de l’allaitement, mais la question du « quand » est souvent source de pression sociale et d’interrogations. Il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » moment universel. La seule bonne réponse est : lorsque la mère et l’enfant sont prêts. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois, puis la poursuite de l’allaitement en complément de la diversification alimentaire jusqu’à 2 ans ou plus. Pourtant, la réalité en Belgique est différente. Selon le SPF Santé publique, moins de 20% des bébés bénéficient d’un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, montrant un écart entre les recommandations et la pratique.
Le plus important est de se rappeler que le sevrage est un processus, pas un événement. Un sevrage brutal est inconfortable pour la mère (risque d’engorgement, mastite) et déstabilisant pour le bébé, pour qui le sein représente bien plus que de la nourriture : c’est un lieu de réconfort, de sécurité et de lien. La clé d’un sevrage réussi est la progressivité. Le principe est simple : supprimer une tétée à la fois, en attendant plusieurs jours (3 à 7 jours) avant de supprimer la suivante, pour permettre à votre corps d’ajuster sa production et à votre bébé de s’habituer.
Commencez par la tétée la moins « importante » pour votre enfant, souvent celle de l’après-midi. Les tétées du matin et du soir, souvent associées au réveil et au coucher, sont généralement les dernières à être supprimées. Pour faciliter la transition, remplacez la tétée par un autre moment de qualité : un câlin, une histoire, une collation partagée. Le sevrage nocturne est souvent le plus attendu par les parents fatigués. Une stratégie efficace est d’impliquer le co-parent : pendant 2-3 semaines, il prend en charge de plus en plus de réveils, consolant bébé avec des câlins ou de l’eau, pour dissocier progressivement le réveil nocturne de la tétée. Pour aider votre lactation à diminuer en douceur, des remèdes naturels comme les tisanes de sauge (disponibles en Belgique dans les magasins bio comme Färm ou Sequoia) ou l’application de feuilles de chou froides sur les seins peuvent être très utiles.
Quand s’inquiéter si la courbe de votre bébé stagne selon les normes ONE ?
La courbe de poids, suivie de près par les puéricultrices de l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) en Belgique, est l’indicateur qui cristallise le plus d’angoisses. Il est essentiel de comprendre comment l’interpréter. D’abord, une perte de poids jusqu’à 10% du poids de naissance dans les premiers jours est absolument normale. Bébé doit ensuite retrouver son poids de naissance vers 10-15 jours de vie. Ensuite, on s’attend à une prise de poids d’environ 150-200g par semaine le premier mois. Mais attention, la croissance n’est pas linéaire ! Il y a des paliers, des pics de croissance. Une seule pesée n’est jamais significative. Ce qui compte, c’est la tendance générale de la courbe, qui doit être globalement ascendante et rester dans son « couloir ».
Une stagnation, voire une cassure dans la courbe, doit alerter mais pas paniquer. C’est un signal pour investiguer. Avant de conclure à un « manque de lait », il faut vérifier l’ensemble du « tableau de bord » de votre bébé. Est-il éveillé, tonique ? Atteint-il les étapes de son développement psychomoteur ? Et surtout, le point le plus fiable : le contenu de ses couches. Un bébé qui reçoit assez de lait produit au minimum 6 couches bien lourdes d’urine claire et 3 à 4 selles jaunâtres et grumeleuses par 24 heures (pendant le premier mois). C’est un indicateur bien plus fiable au quotidien que la balance.
Il est aussi bon de remettre les choses en perspective. Les statistiques montrent que l’allaitement long est un défi. En Wallonie, 54.1% des enfants sont allaités à 3 mois, et seulement 40.6% exclusivement. À Bruxelles, les chiffres sont plus élevés (respectivement 73.9% et 62.5%). Ces chiffres montrent que vous n’êtes pas seule dans ce parcours. Si une stagnation est confirmée sur plusieurs jours, un plan d’action simple peut être mis en place. La « journée au nid », où vous passez 24h en peau à peau avec bébé en proposant des tétées très fréquentes, est souvent spectaculaire pour relancer la machine. Si rien ne bouge, c’est le moment de faire appel à une consultante IBCLC qui pourra faire une évaluation complète de la tétée.
Votre checklist d’audit en 5 points pour évaluer la prise de lait
- Le bilan des couches : Sur 24 heures, comptez le nombre de couches. Avez-vous au moins 5 à 6 couches très mouillées d’urine et (pour un bébé de moins de 6 semaines) 3 à 5 selles abondantes et jaunâtres ?
- L’observation de la tétée : Écoutez attentivement. Entendez-vous des bruits de déglutition réguliers (« ke-ke-ke ») après la montée de lait ? Voyez-vous sa mâchoire bouger amplement, avec une pause quand sa bouche s’emplit de lait ?
- Le comportement de bébé : Est-il généralement calme et détendu après la tétée ? A-t-il des périodes d’éveil calme et actif dans la journée ? Ou est-il constamment agité et semble-t-il affamé en permanence ?
- L’état de vos seins : Sentez-vous vos seins plus souples après la tétée par rapport à avant ? Ressentez-vous le réflexe d’éjection (picotements, écoulement sur l’autre sein) ?
- Le plan de contact : Si les signaux sont mitigés, planifiez une « journée au nid » (24h en peau à peau avec tétées illimitées) et réévaluez les points 1 à 4 le lendemain. Si le doute persiste, contactez une consultante IBCLC.
Pourquoi le coussin doit-il soutenir votre bras et non le bébé directement ?
Le coussin d’allaitement est souvent présenté comme l’accessoire indispensable. Il peut en effet être d’une aide précieuse, à une condition : qu’il soit utilisé correctement. Or, une erreur biomécanique classique, observée par de nombreux kinésithérapeutes périnataux en Belgique, est à l’origine de nombreuses douleurs. L’erreur principale consiste à poser directement le bébé sur le coussin. En faisant cela, vous créez une distance entre vous et votre enfant. Le bébé se retrouve trop bas, et votre réflexe est de vous pencher vers lui pour lui présenter le sein. Maintenir cette position penchée pendant 20 ou 30 minutes, plusieurs fois par jour, est la recette parfaite pour des douleurs aux cervicales, aux épaules et au dos.
La bonne technique est contre-intuitive : le coussin n’est pas fait pour soutenir le bébé, mais pour soutenir votre bras qui soutient le bébé. La nuance est fondamentale. La fonction du coussin est de rehausser votre bras (et donc votre bébé) à la hauteur parfaite de votre sein, sans que vous n’ayez à fournir le moindre effort musculaire. Votre dos reste droit, vos épaules sont détendues, et le bébé est maintenu ventre contre ventre, dans une position optimale pour téter efficacement. Le coussin devient le prolongement de vos genoux, comblant l’espace pour que votre bras puisse se reposer.
Cette technique correcte est la clé pour transformer les tétées en un moment de détente plutôt qu’une séance de torture posturale. Comme l’explique une étude de cas sur la pratique des kinés belges, une bonne utilisation permet de répartir le poids de l’enfant et de maintenir une posture saine, même lors de tétées prolongées. Chaque position d’allaitement (Madone, Madone inversée, ballon de rugby) a sa propre façon d’intégrer le coussin, mais le principe reste toujours le même : il supporte votre bras, pas directement le bébé. La seule position où le coussin est moins pertinent est la position allongée sur le côté, où un simple oreiller dans votre dos pour vous caler sera plus utile.
L’erreur biomécanique classique expliquée par les kinés périnataux belges
Les kinésithérapeutes périnataux belges observent que près de 70% des douleurs dorsales et cervicales pendant l’allaitement proviennent d’un mauvais usage du coussin. L’erreur principale est de poser directement bébé dessus, ce qui l’éloigne du sein et force la mère à se voûter. La bonne technique consiste à utiliser le coussin pour soutenir l’avant-bras de la mère, qui porte elle-même bébé. Cette position maintient bébé à hauteur du sein sans aucune tension musculaire, permettant des tétées de 30 minutes sans douleur et assurant un meilleur transfert de lait.
À retenir
- Les couches sont plus fiables que la balance : 5-6 couches bien mouillées par jour sont le meilleur indicateur que votre bébé boit assez.
- La douleur est un signal, pas une fatalité : Une douleur persistante aux mamelons indique un problème de position ou de succion qui doit être corrigé.
- Le positionnement est la base de tout : Que ce soit avec ou sans coussin, une posture confortable pour vous et une bonne prise de sein pour bébé préviennent la plupart des problèmes.
Coussin d’allaitement : microbilles ou épeautre, quel remplissage choisir pour votre dos ?
Une fois qu’on a compris comment bien utiliser son coussin, une autre question se pose : quel modèle choisir ? Au-delà de la forme et de la couleur de la housse, le critère le plus important pour votre confort et votre santé est le remplissage. Les options les plus courantes sur le marché belge sont les microbilles de polystyrène, l’épeautre bio, et plus récemment, le liège. Ce choix n’est pas anodin, car il influence directement la fermeté, le maintien, le poids, et même l’impact écologique et sanitaire du produit.
Les coussins en microbilles de polystyrène sont les plus répandus et les moins chers. Ils sont légers et silencieux. Cependant, leur principal défaut est qu’ils ont tendance à s’affaisser avec le temps, perdant ainsi leur fonction de maintien. Ils nécessitent d’être « rechargés » et posent un vrai problème écologique (dérivé du pétrole, non biodégradable). Plus inquiétant, une étude française sur la toxicité des rembourrages a montré que les substances ignifuges souvent présentes dans le polystyrène pourraient avoir des répercussions néfastes et dégager des composés volatiles potentiellement toxiques.
À l’opposé, les remplissages naturels gagnent en popularité. Les balles d’épeautre bio offrent un soutien très ferme et stable, qui ne s’affaisse pas. Elles épousent parfaitement la forme du corps. Leurs inconvénients sont leur poids (beaucoup plus lourd) et le léger bruissement qu’elles produisent. Les granulés de liège représentent un excellent compromis : ils sont fermes, légers, silencieux, hypoallergéniques et écologiques. En Belgique, on trouve de plus en plus d’artisans locaux, notamment en Wallonie, qui proposent des coussins avec des remplissages naturels certifiés, offrant une alternative saine et durable, comme ceux de la marque Les Babilleuses.
Le choix final dépendra de vos priorités : budget, besoin de fermeté, sensibilité au bruit ou engagement écologique. Ce tableau comparatif vous aidera à peser le pour et le contre.
| Critère | Microbilles | Épeautre bio | Granulés de liège |
|---|---|---|---|
| Poids moyen | 1-2 kg | 5-6 kg | 2-3 kg |
| Niveau sonore | Silencieux | Bruissement audible | Léger froissement |
| Fermeté/Maintien | Souple, s’affaisse avec le temps | Très ferme, maintien optimal | Fermeté moyenne, stable |
| Lavage | Machine 60°C possible | Housse seule, remplissage non lavable | Housse seule, séchage naturel du liège |
| Durée de vie | 2-3 ans, nécessite recharge | 5+ ans si bien entretenu | 4-5 ans, très stable |
| Prix moyen | 40-80€ | 60-120€ | 80-150€ |
| Impact écologique | Dérivé pétrole, non biodégradable | 100% naturel et biodégradable | 100% naturel, recyclable |
| Disponibilité Belgique | Toutes enseignes | Magasins bio (Färm, Sequoia) | Boutiques spécialisées |
Votre corps et votre bébé forment une équipe extraordinairement compétente. Apprendre à leur faire confiance est le plus beau cadeau que vous puissiez vous offrir. Pour mettre en pratique ces conseils et obtenir une évaluation personnalisée de votre situation, l’étape suivante consiste à contacter une consultante en lactation IBCLC certifiée en Belgique.